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Notre projet fabriqué en France

Il fallait s'y attendre, mais Warner qui a repris depuis quelques années les reines de la diffusion de la coupe du monde de DH ET enduro a décidé de se séparer de la coupe du monde enduro qu'ils jugent trop compliqué à mettre en place et pas aussi rentable que la DH. Mais alors que va devenir l'enduro VTT au niveau mondial ?
A l’occasion de la dernière manche de coupe du monde enduro UCI, il est bon de faire le point sur qu’il adviendra de cette discipline en 2027 au niveau mondial. Le récap’ de la dernière étape à Finale Ligure avant de parler de l’avenir !
Après l’arrêt de la Coupe du monde d’enduro organisée par Warner, un nouveau projet entend prendre le relais. Baptisé Enduro MTB World Tour, ce circuit international est porté par plusieurs figures historiques de la discipline, dont Enrico Guala et Alex Balaud. Son ambition : recréer une compétition de référence pour les meilleurs pilotes d’enduro VTT dès 2027.
Cette annonce intervient quelques jours après celle des Crankworx, qui ont également dévoilé leur projet de série mondiale. Une situation qui témoigne de l’intérêt toujours présent pour l’enduro de haut niveau, mais qui soulève aussi des interrogations sur la concurrence entre les circuits, les calendriers et la reconnaissance sportive des épreuves.
Le 19 août 2026, Warner avait annoncé la fin de la Coupe du monde d’enduro organisée sous son égide. Si les Championnats du monde UCI d’enduro et d’e-enduro doivent continuer à être attribués en 2026 et 2027, la disparition du circuit mondial régulier laisse un vide important dans le calendrier des pilotes.
Entre les compétitions nationales, les courses régionales et les championnats internationaux, il manque désormais une série de référence permettant aux meilleurs spécialistes de s’affronter tout au long de la saison.

Les Crankworx ont rapidement réagi en annonçant leur propre projet. C’est maintenant au tour d’Enduro United de présenter l’Enduro MTB World Tour, une nouvelle série qui ambitionne de retrouver le niveau d’exigence et la visibilité d’une Coupe du monde d’enduro.
Le projet ne se limite pas à un calendrier de courses. Enduro United souhaite mettre en place une véritable structure internationale, reliant les compétitions de base, les séries nationales et les championnats continentaux dans un système de qualification progressif.
Au sommet de cette organisation, l’Enduro MTB World Tour aurait vocation à devenir la voie officielle exclusive d’accès aux Championnats du monde UCI d’enduro.
L’objectif affiché est de proposer aux pilotes, aux équipes, aux destinations hôtes et aux partenaires commerciaux un calendrier mondial « unifié et durable », selon les termes du communiqué.
Le projet est porté par plusieurs personnalités bien connues de l’univers du VTT : Enrico Guala, Ludovic Henry, Alex Balaud et Adrian Greiner.
Leurs expériences couvrent différents domaines de l’industrie du vélo et de l’organisation sportive : conception de sentiers, développement de destinations VTT, organisation de compétitions, gestion d’équipes et communication.
Enduro United affirme également s’appuyer sur un conseil de pilotage international réunissant des représentants de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de l’Océanie. Cette structure a vocation à s’élargir au fil du développement du projet.
Enrico Guala, l’un des cofondateurs, explique que l’équipe a consulté la communauté, les acteurs de l’industrie, les athlètes et les destinations afin de poser les bases de cette nouvelle organisation.
L’ambition est donc de reconstruire un circuit international en tenant compte des attentes des différents acteurs de l’enduro, tout en assurant sa viabilité à long terme.
Pour le moment, le calendrier de la première saison 2027 n’a pas encore été dévoilé. Le communiqué annonce néanmoins des épreuves organisées dans des destinations de premier plan en Europe et en Amérique du Nord.
Les dates, les lieux précis, le règlement sportif et les partenariats restent à confirmer.
Alex Balaud indique toutefois que l’organisation souhaite présenter une première ébauche du calendrier avant la fin du mois de novembre 2026.
À plus long terme, Enduro United envisage d’étendre progressivement son circuit à plusieurs continents afin de redonner à l’enduro et à l’e-enduro une véritable dimension mondiale.
Reste une question essentielle : le financement. L’organisation indique être en discussion avec des partenaires commerciaux, des entreprises de l’industrie du cycle et différents acteurs de la communauté pour financer et construire cette nouvelle série.
La réussite du projet dépendra notamment de sa capacité à attirer des sponsors, à convaincre les destinations d’accueillir les épreuves et à garantir aux équipes un cadre sportif et économique suffisamment stable.
L’arrivée d’Enduro United est une nouvelle positive pour l’enduro VTT. Elle montre que plusieurs acteurs souhaitent investir dans l’avenir de la discipline après la disparition de la Coupe du monde.
Mais l’annonce de deux projets internationaux visant 2027 soulève aussi des inquiétudes. À Finale Ligure, où se déroulent actuellement les Championnats du monde d’enduro, plusieurs pilotes s’interrogent déjà sur les conséquences de cette multiplication des circuits.
La question du dialogue entre les deux structures est centrale. Selon Alex Balaud, les premiers échanges avec Crankworx ont laissé entrevoir une possible complémentarité entre les deux approches.
L’objectif serait que chaque circuit trouve son public et sa place dans le calendrier international.
Toutefois, un chevauchement des dates reste possible. Alex Balaud reconnaît que cette situation pourrait se produire, tout en précisant qu’Enduro United ne dispose pas encore d’une visibilité complète sur le calendrier des Crankworx.
L’organisation affirme privilégier une logique de complémentarité plutôt que de concurrence directe. Reste à savoir si cette intention pourra se traduire concrètement dans les calendriers et les choix des destinations.
Au-delà des dates, la reconnaissance sportive des épreuves pourrait devenir un critère déterminant pour les pilotes.
Selon des informations qui restent à confirmer, les courses de l’Enduro MTB World Tour pourraient être classées en catégorie UCI C1, contre C3 pour les épreuves Crankworx.
Cette différence serait importante pour les coureurs qui cherchent à construire leur carrière au plus haut niveau. La catégorie attribuée aux compétitions, les points disponibles et les liens avec les Championnats du monde peuvent peser dans le choix des épreuves auxquelles participer.
Le communiqué initial des Crankworx ne mentionnait pas de lien avec l’UCI. De son côté, Enduro United affiche clairement son ambition de devenir la voie d’accès exclusive aux Mondiaux d’enduro et indique travailler sur ce projet avec les instances concernées.
Ces éléments restent néanmoins à confirmer : tant que les règlements et les accords officiels ne seront pas publiés, il est prématuré de considérer que la hiérarchie entre les deux circuits est définitivement établie.
La question économique constitue un autre enjeu majeur.
Les deux projets visent un lancement en 2027, tandis qu’Enduro United cible notamment l’Europe et l’Amérique du Nord, deux régions où les Crankworx organisent déjà des événements.
Les destinations VTT devront donc déterminer si elles ont les moyens et l’intérêt d’accueillir plusieurs compétitions internationales. Toutes ne disposent pas nécessairement des infrastructures, des budgets ou des équipes nécessaires pour multiplier les événements de cette ampleur.
La situation des équipes est également préoccupante. En 2026, seules cinq équipes UCI d’enduro étaient enregistrées, tandis que la discipline rencontrait des difficultés pour attirer les sponsors.
Dans ce contexte, une question se pose : le marché de l’enduro peut-il financer durablement deux circuits mondiaux ?
Chaque série doit pouvoir attirer des partenaires, rémunérer les équipes d’organisation, assurer la logistique des compétitions et proposer suffisamment de visibilité aux sponsors. De leur côté, les pilotes doivent composer avec des budgets limités, les frais de déplacement et les contraintes d’un calendrier international.
La multiplication des courses pourrait offrir davantage d’opportunités sportives. Mais elle risque aussi de disperser les ressources financières, les équipes et les partenaires entre deux organisations concurrentes.
Sur le papier, les deux projets pourraient adopter des positionnements différents. L’un pourrait privilégier le sommet de la pyramide sportive et la qualification pour les Championnats du monde, tandis que l’autre proposerait une approche différente, potentiellement plus ouverte à d’autres profils de compétitions.
Une telle répartition permettrait de structurer l’enduro international sans nécessairement opposer les deux circuits.
Pour l’instant, cependant, aucun rapprochement concret ne semble avoir permis de clarifier cette organisation commune. Si chaque structure poursuit son projet sans coordination suffisante, les conséquences pourraient être négatives pour l’ensemble de la discipline.
Les pilotes pourraient devoir choisir entre des courses concurrentes, les équipes seraient contraintes de répartir leurs budgets et certaines destinations pourraient renoncer à organiser des événements internationaux.
Le manque d’informations précises sur les dates, les lieux et les règlements sportifs entretient également l’incertitude.
Avec l’Enduro MTB World Tour, Enduro United veut profiter de la fin de la Coupe du monde pour reconstruire un circuit international de référence. Le projet bénéficie de l’expérience de personnalités historiques de la discipline et affiche une ambition claire : redonner à l’enduro VTT un cadre mondial structuré et durable.
L’annonce des Crankworx montre toutefois que cette volonté de relance n’est pas portée par une seule organisation.
Les prochains mois seront déterminants pour connaître les calendriers, les catégories UCI, les destinations retenues et les partenaires financiers des deux séries.
Le véritable enjeu ne sera pas seulement de relancer les compétitions d’enduro, mais de construire un modèle capable de durer, au bénéfice des pilotes, des équipes, des organisateurs et de l’ensemble de la communauté VTT.
Plus d’informations : enduro-united.com

Pratiquant et passionné de VTT depuis plus de 15 ans, Nicolas est le fondateur de VTT Magazine. Spécialiste de l’Enduro et de la DH, son expertise repose sur : le test annuel de vélos et composants sur les sentiers techniques du Sud de la France. L’animation de la communauté Photos enduro DH sans blabla regroupant 1 400 riders. Une volonté d’indépendance totale pour offrir des analyses basées sur une pratique réelle du terrain. Adepte des idées folles, il a participé 7 fois à la Mountain of Hell, 6 fois aux pass’porte du soleil (dont une seule année par beau temps), a participé au Roc Tandem en tandem tout terrain, au Barone speed tour et plusieurs courses VTT sur neige.
Son objectif est de décrypter la technologie pour vous aider à mieux rouler, avec le bon matériel et prendre les bonnes trajectoires.